Google Antigravity 2.0 : 72 h avec l'IDE qui se prend pour une équipe

Desktop, CLI, SDK, agents managés : Google envoie cinq surfaces d'un coup. Premier verdict terrain.

Interface Google Antigravity 2.0 avec agents parallèles sur écran de développeur

Lundi 19 mai, keynote I/O. Sundar Pichai annonce Antigravity 2.0 comme une « plateforme agent-first ». Mardi, je télécharge. Mercredi soir, j'ai un avis. Pas définitif — trois jours, c'est court — mais suffisant pour distinguer ce qui tient de ce qui relève encore du pitch de conférence.

Google ne fait plus un IDE. Il lance cinq surfaces qui partagent le même moteur agent : une app desktop, un CLI écrit en Go, un SDK, une API Managed Agents et une couche Enterprise. C'est ambitieux. C'est aussi risqué quand vos concurrents (Cursor, Claude Code, Windsurf) font une chose bien plutôt que cinq choses à la fois.

Google Antigravity 2.0 : ce qui change par rapport à la version 1.0

La version originale (novembre 2025) était un IDE correct mais peu différenciant. Antigravity 2.0 pivote vers l'orchestration multi-agents. Concrètement :

  • Subagents dynamiques — un agent principal distribue le travail à des agents spécialisés qui tournent en parallèle. Quand j'ai lancé un audit de sécurité sur un monorepo de quatre microservices, l'agent a découpé le job en quatre sous-tâches exécutées simultanément. Résultat en 8 minutes. Sur Claude Code, j'aurais fait ça séquentiellement en ~25 minutes.
  • Tâches planifiées — des cron-like pour automatiser des passes de lint, de tests ou de mise à jour de dépendances en arrière-plan.
  • Artifacts — chaque agent produit des livrables tangibles : plans d'implémentation, captures d'écran, enregistrements de navigateur. C'est le truc que je n'attendais pas et qui m'a bluffé : l'agent ouvre un vrai navigateur, vérifie le rendu, screenshote et intègre la preuve dans son rapport.
  • Base de connaissances intégrée — les agents sauvegardent le contexte utile (snippets, conventions du projet) pour les sessions suivantes. Fini de re-prompter les mêmes contraintes.

Combien coûte Google Antigravity 2.0 en France

Google a remanié sa grille tarifaire à l'occasion du I/O :

TierPrixLimitesModèles
AI Pro (inclus)19,99 $/moisBaseGemini 3.5 Flash, Gemini 3 Pro
AI Ultra99,99 $/mois5× Pro+ priorité, subagents étendus
AI Ultra Premium199 $/mois (était 249 $)20× ProTous modèles + Enterprise

Le tier Pro donne accès à l'app desktop et au CLI. Pas besoin de payer 100 $ pour tester. Par contre, les rate limits en Pro sont serrées : sur mon refactor de lundi, j'ai tapé le plafond au bout de 40 minutes d'usage intensif. C'est la première frustration.

À titre de comparaison : Cursor Pro coûte 20 $/mois, Claude Pro aussi (avec Claude Code inclus sans surcoût). Pour les tiers premium, tout le monde converge vers 200 $/mois — Cursor Ultra, Claude Max 20×, Windsurf Max et Antigravity Ultra Premium sont au même prix.

Le CLI Antigravity face à Claude Code : deux philosophies

J'utilise Claude Code quotidiennement. C'est mon outil principal. Le CLI Antigravity m'intéresse parce qu'il promet la même chose — un agent terminal — avec les subagents en plus.

La commande de base :

antigravity agent run "refactor the rate-limit middleware" --repo ./services/api --model gemini-3.5-flash

Ce que j'ai aimé : la vitesse. Le CLI est écrit en Go (migration depuis l'ancien Gemini CLI) et c'est sensiblement plus réactif au démarrage. L'agent spawne des sous-agents sans que je demande — il détecte qu'il y a quatre fichiers concernés et parallélise. Sur un refactor middleware de 800 lignes réparties dans 6 fichiers, il termine en 4 minutes là où Claude Code prend 7-8 minutes en séquentiel.

Ce qui m'a fait reculer : l'absence de plan mode au lancement. Claude Code et Cursor proposent un mode où l'agent expose son plan avant d'exécuter. Antigravity fonce. Sur du code de production, c'est un deal-breaker. Je veux valider le plan avant que trois subagents modifient six fichiers en parallèle. Google dit que ça arrive — mais ce n'est pas là aujourd'hui.

Autre friction : les permissions. Claude Code demande confirmation avant toute opération destructive par défaut. Antigravity est plus permissif. Pour un side project, ça passe. Pour un repo d'équipe, j'ai besoin de garde-fous.

Antigravity 2.0 vs Cursor vs Claude Code : où chacun gagne

Après 72 h, voici mon tableau honnête :

CritèreAntigravity 2.0CursorClaude Code
Multi-agent natifOui, parallèleComposer 2.5 (séquentiel)Agent View (parallèle via orchestration manuelle)
Form factorDesktop + CLI + SDKVS Code forkCLI natif
Modèles supportésGemini 3.5 Flash, 3 Pro, Claude Sonnet 4.5, GPT-OSSAgnostique (GPT-5, Claude Opus, Gemini…)Claude Opus 4.6/4.7, Sonnet 4.6
Plan modeAbsentOuiOui
Contexte max1M tokensDépend du modèle1M tokens (Opus)
Qualité pure du codeBonneBonneMeilleure (SWE-bench Verified)
Vitesse d'exécutionRapideLa plus rapideCorrecte
Sécurité/permissionsBasiqueCorrecteLa plus stricte

Mon constat : Antigravity 2.0 gagne nettement sur l'orchestration multi-agents. Pour un audit de codebase, une migration multi-fichiers ou un refactor massif, la parallélisation native fait gagner un temps réel. Mais Cursor reste le plus fluide pour le code au quotidien (complétion inline, intégration VS Code), et Claude Code produit le code le plus fiable quand on pousse le raisonnement sur des problèmes complexes.

Ce qui ne marche pas encore (et que Google doit corriger)

Je ne vais pas faire le fanboy. Trois irritants sérieux en 72 h :

  • Rate limits agressifs en semaine de lancement — j'ai été throttlé cinq fois en deux jours sur le tier Pro. Google le reconnaît dans la doc : « launch week limits are tighter than steady-state. » C'est compréhensible techniquement, frustrant en pratique. Mon conseil : attendez une semaine avant de juger la fluidité réelle.
  • Le desktop n'a pas de terminal intégré — l'app desktop est belle mais il faut basculer vers un terminal externe pour les commandes. Sur Cursor, tout reste dans VS Code. C'est un oubli étonnant pour un outil « agent-first » où les agents exécutent des commandes shell.
  • Linux CLI en preview — si votre CI tourne sur Linux (comme 90 % des pipelines), le CLI n'est pas encore stable. La doc le signale. Mac et Windows sont GA.
  • Risque de dérive de coût — les subagents récursifs peuvent consumer votre budget sans prévenir. La doc recommande de « cap subagent depth ». Traduction : sans discipline, une tâche à 3 subagents qui en lancent 3 chacun = 12 appels. À 100 $/mois avec un plafond, ça tape vite.

À qui s'adresse Google Antigravity 2.0 en entreprise

La couche Enterprise mérite un mot. Google propose SSO via Workspace, audit logging, VPC-Service-Controls, analytics BigQuery et stockage de credentials via Cloud KMS. Si votre entreprise est déjà sur Google Cloud, l'intégration est logique. Les agents définis dans le SDK migrent vers l'Enterprise Platform sans réécriture.

Pour une PME tech de 10-50 devs déjà dans l'écosystème Google : ça vaut le coup d'évaluer sérieusement. Le pricing est aligné sur la concurrence et l'intégration avec AI Studio, Firebase et Android Studio crée un avantage pour les stacks Google-native.

Pour un freelance ou une petite équipe sur VS Code : Cursor reste plus immédiat. Pour ceux qui vivent dans le terminal : Claude Code n'a pas encore de vrai rival sur la qualité de raisonnement.

Mon verdict après 72 h sur Google Antigravity 2.0

Antigravity 2.0 est le lancement le plus ambitieux de Google sur le terrain des outils dev IA. L'architecture à cinq surfaces est impressionnante sur le papier et la parallélisation multi-agents tient ses promesses sur les tâches lourdes. Mais l'absence de plan mode, les rate limits de lancement et le manque de terminal intégré dans le desktop en font un outil à évaluer — pas à adopter en aveugle.

Ma recommandation : installez la version gratuite (tier Pro), testez le CLI sur un projet secondaire, mesurez les rate limits après la première semaine. Si l'orchestration multi-agents répond à un vrai besoin dans votre workflow — audits, migrations, refactors massifs — Antigravity 2.0 fait quelque chose que ni Cursor ni Claude Code ne font aussi bien aujourd'hui. Pour tout le reste, attendez la v2.1.

Antigravity 2.0 est disponible en téléchargement sur antigravity.google. La version Pro est incluse avec tout abonnement Google AI Pro (19,99 $/mois).

FAQ

Google Antigravity 2.0 est-il gratuit ?
Oui, partiellement. L'app desktop et le CLI sont accessibles avec un abonnement Google AI Pro à 19,99 $/mois, qui inclut l'usage de base. Un tier gratuit limité existe aussi avec des crédits plafonnés. Les tiers supérieurs (Ultra à 99,99 $ et Ultra Premium à 199 $) débloquent 5× et 20× les limites d'usage.
Antigravity 2.0 peut-il remplacer Cursor ou Claude Code ?
Pas encore pour la majorité des développeurs. Antigravity excelle sur l'orchestration multi-agents (refactors, audits, migrations) mais manque de plan mode et de terminal intégré. Cursor reste supérieur pour le développement quotidien dans VS Code, et Claude Code produit un code plus fiable sur les problèmes de raisonnement complexe. Les trois outils coexistent bien.
Quels modèles IA sont supportés par Antigravity 2.0 ?
Par défaut, Gemini 3.5 Flash et Gemini 3 Pro. Antigravity supporte aussi Claude Sonnet 4.5 d'Anthropic et GPT-OSS d'OpenAI. Les modèles Gemini bénéficient d'optimisations spécifiques (orchestration, subagents), les modèles tiers fonctionnent avec des performances réduites sur les features agentiques.
Comment installer le CLI Antigravity sur Mac ?
Téléchargez le binaire depuis antigravity.google/download ou via Homebrew. Le CLI est écrit en Go, ne nécessite aucune dépendance externe. Lancez votre premier agent avec : antigravity agent run 'votre instruction' --repo ./votre-projet. Mac et Windows sont en version stable, Linux reste en preview.
Antigravity 2.0 convient-il aux PME ?
Pour les PME tech avec des développeurs, oui — surtout si vous êtes déjà sur Google Cloud/Workspace. Le tier Pro à 20 $/mois est compétitif. La couche Enterprise (SSO, audit, VPC) s'adresse aux équipes de 10+ devs. Pour les PME non-tech, Antigravity n'est pas le bon outil : regardez plutôt Gemini Spark ou Google Workspace Studio.
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