5 générateurs vidéo IA : le vrai prix d'un clip de 10 secondes
Runway, Kling, Veo, Pika, Luma — on a décortiqué les crédits, les benchmarks et les pièges de chaque plateforme
Le 26 avril 2026, OpenAI a débranché Sora. Pas mis en pause. Pas pivoté. Débranché. L'outil qui devait « démocratiser la création vidéo » brûlait 15 millions de dollars par jour en coûts de calcul pour un revenu cumulé de 2,1 millions de dollars sur toute sa durée de vie. Ses téléchargements avaient chuté de 67 % entre novembre 2025 et février 2026. À la fermeture, moins de 500 000 utilisateurs actifs restaient.
Ce naufrage redistribue les cartes d'un marché de la vidéo IA estimé à 946 millions de dollars en 2026, en croissance de 20 % par an. Cinq plateformes captent désormais l'essentiel des flux : Runway, Kling, Google Veo, Pika et Luma. Chacune a une philosophie, un système de crédits, et un prix réel par clip qui n'a rien à voir avec le tarif affiché en page d'accueil.
On a décortiqué les cinq sur 14 critères. Pas un survol : les vrais prix par seconde, les benchmarks indépendants, les fonctions qui comptent et celles qui relèvent du marketing. Voici ce qu'on a trouvé.
Sora est mort : pourquoi ça change tout pour la vidéo IA
Quand OpenAI a annoncé la fermeture de Sora, le communiqué parlait de « réallocation des ressources de calcul vers les outils de codage et les clients entreprise ». Traduction : la vidéo générative coûte une fortune à faire tourner, et OpenAI a choisi de mettre ses GPU ailleurs.
Le Wall Street Journal avait documenté la spirale : un million de dollars par jour de pertes opérationnelles, une adoption qui s'effondrait après le pic de curiosité initial, et un cadre juridique flou autour du copyright qui forçait des contrôles de prompt toujours plus restrictifs. Le problème de fond, que Sora partageait avec d'autres outils créatifs IA, tenait en deux mots : les utilisateurs ne revenaient pas. L'effet « waouh » passait, mais l'intégration dans un workflow de production réel ne suivait pas.
Ce n'est pas un détail. C'est un avertissement pour quiconque choisit un générateur vidéo IA aujourd'hui : la viabilité économique d'une plateforme pèse autant que la qualité de son rendu. Un outil qui ferme, c'est des mois de workflow à reconstruire et du contenu potentiellement perdu.
Les cinq survivants ont tous tiré les leçons de cet échec. Runway a construit un écosystème de post-production complet. Kling a misé sur un prix par seconde imbattable. Google a adossé Veo à son infrastructure cloud. Pika s'est spécialisée dans les formats courts viraux. Luma a parié sur le prototypage rapide avec un mode brouillon qui évite de cramer des crédits.
Combien coûte une vidéo IA par seconde : les prix réels de chaque plateforme
Le premier réflexe — comparer les abonnements mensuels — mène droit dans le mur. À 15 $/mois, Runway semble moins cher que Luma à 30 $/mois. Sauf que Runway Standard ne donne que 625 crédits (soit 125 secondes en Gen-4 Turbo), tandis que Luma Plus inclut l'accès à Ray 3 et aux modèles tiers comme Veo 3.1 et Kling 3.0 depuis la même interface.
La seule métrique fiable : le coût par seconde de vidéo générée, calculé sur le plan le plus utilisé par les professionnels.
| Plateforme | Modèle | Coût/seconde (plan Pro) | Abonnement Pro/mois | Secondes incluses/mois |
|---|---|---|---|---|
| Google Veo 3.1 | Lite (sans audio) | 0,05 $ | 19,99 $ (AI Pro) | ~500 s (Fast) |
| Kling 3.0 | Standard 1080p | 0,07 $ | 25,99 $ | ~370 s |
| Luma Ray 3 | Ray3.14 | ~0,10 $ | 30 $ (Plus) / 90 $ (Pro) | Variable |
| Runway Gen-4 | Turbo | 0,12 $ | 35 $ | 450 s |
| Pika 2.5 | Standard | ~0,15 $ | 35 $ | ~230 s |
Trois pièges récurrents dans ces grilles tarifaires :
- Les crédits non reportables. Chez Runway et Pika, les crédits expirent à la fin du cycle de facturation. Vous payez 35 $ même si vous n'utilisez que la moitié. Kling propose un report partiel sur ses plans annuels.
- Le surcoût audio. Chez Veo, passer de Lite (sans audio) à Standard (avec audio) fait bondir le prix de 0,05 $ à 0,40 $/seconde — un facteur 8. L'audio natif de Kling 3.0 est inclus dans le prix standard.
- La résolution cachée. Pika en gratuit plafonne à 480p. Kling facture 80 crédits pour du 1080p contre 25 pour du 768p. Le coût réel dépend de ce que vous produisez, pas de ce que vous payez.
100 clips de 10 secondes par mois : la facture comparée
Pour une PME qui produit du contenu marketing régulier — publicités sociales, démos produit, stories —, le volume mensuel tourne souvent autour de 50 à 150 clips courts. Voici ce que coûtent 100 clips de 10 secondes (1 000 secondes) sur chaque plateforme, hors plan gratuit :
| Plateforme | Coût pour 1 000 s | Plan nécessaire | Crédits suffisants ? |
|---|---|---|---|
| Veo 3.1 Lite | ~50 $ | API pay-as-you-go | Oui |
| Kling 3.0 | ~70 $ | Pro (25,99 $) + top-up | Nécessite complément |
| Luma Ray 3 | ~100 $ | Pro (90 $) | Oui (4× usage) |
| Runway Gen-4T | ~120 $ | Unlimited (95 $) | Oui (relaxed) |
| Pika 2.5 | ~150 $ | Fancy (95 $) + top-up | Limite 6 000 crédits |
À titre de comparaison, la production traditionnelle d'une vidéo marketing de 60 secondes coûte entre 1 000 et 5 000 $ en freelance, et jusqu'à 50 000 $ en agence. Le rapport est de 1 à 100. La question n'est plus « est-ce rentable ? » mais « lequel me fait perdre le moins de crédits pour le résultat dont j'ai besoin ? ».
Runway Gen-4 : le choix des équipes marketing exigeantes
Runway occupe une place à part dans cet écosystème. Ce n'est pas le moins cher. Ce n'est pas le plus réaliste sur un clip brut. Mais c'est le seul à proposer un pipeline de post-production intégré qui ressemble à ce qu'un monteur vidéo attend : motion brush, mode réalisateur, interpolation de frames, contrôle de caméra précis.
Gen-4.5 occupe la première place du classement Video Arena, un benchmark indépendant basé sur des tests A/B en aveugle, avec un score ELO de 1 247. Sa force distinctive : la cohérence de personnage. Générez trois clips du même personnage dans trois décors différents — Gen-4.5 maintient l'identité faciale, la morphologie, les vêtements. Pour une marque qui veut un personnage récurrent dans ses publicités, c'est un argument décisif.
Côté tarifs, la grille s'étale de 15 $ (Standard, 625 crédits) à 95 $/mois (Unlimited). Le plan Pro à 35 $/mois offre 2 250 crédits, soit environ 450 secondes en Gen-4 Turbo. Les crédits ne se reportent pas d'un mois sur l'autre — un irritant majeur pour les utilisateurs occasionnels.
Point faible : l'audio natif est limité. Runway s'appuie sur des outils tiers (Act-Two pour le lip-sync, par exemple) là où Kling et Veo intègrent le son dans la génération. Si votre workflow repose sur du dialogue ou de la voix off synchronisée, Runway vous obligera à une étape de post-production supplémentaire.
Kling 3.0 : le volume à prix cassé, l'audio en bonus
Kling 3.0, développé par Kuaishou (le rival chinois de TikTok), a changé l'équation économique de la vidéo IA. À 0,07 $ la seconde, il coûte 44 % de moins que Runway et 65 % de moins que ce que facturait Sora avant sa fermeture.
Mais le prix ne fait pas tout. Ce qui distingue Kling 3.0, c'est l'architecture Omni One : génération vidéo et audio dans le même pass, avec lip-sync natif en cinq langues (anglais, chinois, japonais, coréen, espagnol — le français est annoncé pour Q3 2026). Les clips peuvent atteindre 15 secondes, avec un mode multi-shot qui enchaîne jusqu'à 6 scènes connectées dans une seule génération.
Le rendu des mains — le test de Turing informel de la vidéo IA — est le meilleur du marché : cinq doigts, proportions correctes, mouvement naturel. En physique réaliste aussi, Kling tient la route avec un score ELO de 1 243, au coude-à-coude avec Runway.
L'abonnement démarre à 6,99 $/mois (Standard), mais le plan qui a du sens pour un usage pro est le Pro à 25,99 $/mois. Avantage appréciable : Kling propose un mode brouillon (Draft Mode) qui génère des aperçus rapides à 5-20× la vitesse normale, pour tester ses prompts avant d'engager des crédits sur un rendu HD. Ce détail d'UX fait une vraie différence quand on itère sur 20 variantes d'un même clip.
Limite principale : l'interface est moins intuitive que Runway. L'éditeur 7-en-1 (ajout d'objets, swap de fond, restyling) est puissant mais demande un temps d'apprentissage. Et l'écosystème d'intégration (plugins, API, connecteurs) reste en retrait par rapport à Runway ou Veo.
Google Veo 3.1 : l'audio natif qui change la donne
Veo 3 a été lancé à Google I/O en mai 2025. Veo 3.1, arrivé en octobre 2025 puis mis à jour en janvier 2026 (4K, contrôle créatif étendu), est le seul modèle qui combine audio spatial, résolution 4K et génération jusqu'à 60 secondes dans un seul package.
L'audio natif est le vrai différenciateur. Dialogues, effets sonores, ambiance — tout est généré dans le même pass que la vidéo. Selon le benchmark Pixflow de mai 2026, Veo 3.1 adhère correctement aux prompts détaillés 87 % du temps, contre 72 % pour Runway Gen-4.5 et 68 % pour Kling 3.0. Pour les scènes complexes avec plusieurs sujets, des mouvements de caméra spécifiés et du dialogue, Veo est loin devant.
Le modèle tarifaire est double. Côté grand public, l'abonnement Google AI Pro à 19,99 $/mois donne accès à environ 50 vidéos Fast ou 10 vidéos Quality par mois (via Google AI Studio). Côté API (Vertex AI), les prix vont de 0,03 $/seconde (Veo 3.1 Lite, sans audio, 720p) à 0,40 $/seconde (Veo 3.1, avec audio, 1080p).
Ce spread de prix — un facteur 8 entre Lite et Full — est le piège principal de Veo. Le tarif d'appel à 0,05 $/seconde est imbattable, mais il produit du 720p muet. Dès qu'on veut de l'audio natif en 1080p, la facture explose et dépasse Runway. Pour une PME, la question est simple : avez-vous besoin d'audio intégré ? Si oui, Veo en Full est cher mais supprime une étape de post-production qui coûte du temps. Si non, Veo Lite est le moins cher du marché.
Autre avantage stratégique : Veo est adossé à l'infrastructure Google Cloud. La probabilité de fermeture soudaine (le syndrome Sora) est proche de zéro. Pour une entreprise qui construit un workflow de production autour d'un outil, cette stabilité a une valeur.
Pika 2.5 : le terrain de jeu des créateurs sociaux
Pika n'essaie pas de rivaliser avec Runway sur le contrôle créatif ou avec Kling sur le prix. Sa niche, ce sont les formats courts viraux : Reels, Shorts, TikToks. Et sur ce terrain, elle a développé un arsenal que personne d'autre ne propose.
Les Pikaffects — explosion, fusion, écrasement, dissolution, lévitation — transforment n'importe quelle image ou vidéo en clip à fort potentiel de partage. Pikaswaps permet de remplacer un élément dans une scène. Pikaformance synchronise les lèvres d'un personnage sur un audio importé. Ce sont des fonctions de niche, mais elles répondent à un besoin précis : créer du contenu qui s'arrête dans le scroll.
L'entrée de gamme est agressive : 8 $/mois pour 700 crédits (Standard), avec un plan gratuit fonctionnel à 80 crédits/mois en 480p. Le plan Pro à 28-35 $/mois donne 2 300 crédits, ce qui permet environ 230 secondes de vidéo — nettement moins que Runway ou Kling à prix équivalent.
C'est la limite de Pika : le ratio crédits/dollar est le moins avantageux des cinq. À 0,15 $/seconde en coût effectif, on paie une prime pour les effets spéciaux. Si votre usage se limite à du text-to-video classique sans effets, Pika n'a aucun avantage sur ses concurrents.
Autre friction : la durée maximale des clips est de 4 secondes sur les plans standards (contre 10-15 secondes chez Runway et Kling). Pour un plan produit, un tutoriel, ou une publicité de plus de 5 secondes, il faut chaîner plusieurs générations — et chaque génération consomme des crédits.
Luma Ray 3 : le prototypage rapide avant l'engagement
Luma Labs a pris un virage intéressant avec Ray 3 (et sa mise à jour Ray3.14) : plutôt que de se battre sur la qualité brute du rendu final, elle a misé sur la vitesse d'itération. Le Draft Mode génère un aperçu basse résolution à coût réduit — on teste le cadrage, le mouvement, la composition, puis on ne lance le rendu HD que sur les clips validés.
C'est une approche pragmatique qui change le rapport au gaspillage de crédits. Sur Runway ou Pika, chaque essai raté coûte autant qu'un clip final. Sur Luma, le brouillon coûte une fraction. Pour quelqu'un qui itère beaucoup — un directeur artistique qui teste 15 variations avant de choisir —, l'économie est réelle.
Ray3.14 apporte la génération native en 1080p, des performances 4× plus rapides, et un coût 3× inférieur à Ray 3 standard. Le plan Plus à 30 $/mois inclut l'usage commercial et l'accès aux modèles tiers (Veo 3.1, Kling 3.0) depuis la même interface — un argument de poids pour ceux qui veulent comparer les rendus sans jongler entre les plateformes.
Le plan Pro à 90 $/mois ajoute les Luma Agents (automatisation de séquences) et un volume 4× supérieur. L'Ultra à 300 $/mois cible les studios et agences avec un facteur 15× sur le volume.
Le défaut : Ray 3 est encore en retrait sur la qualité brute face à Runway ou Veo. Le benchmark Video Arena ne le place pas dans le top 3. C'est un outil d'exploration et de prototypage plus qu'un outil de production finale — mais dans un pipeline où on finit sur Runway ou Kling, il a sa place en amont.
Runway vs Kling vs Veo vs Pika vs Luma : 14 critères au crible
Les avis subjectifs sur la qualité d'image varient selon les prompts testés. Les chiffres, moins. Voici un comparatif factuel sur 14 critères vérifiables.
| Critère | Runway Gen-4 | Kling 3.0 | Veo 3.1 | Pika 2.5 | Luma Ray 3 |
|---|---|---|---|---|---|
| Score ELO (Video Arena) | 1 247 (#1) | 1 243 (#2) | N/C | N/C | N/C |
| Adhérence prompt | 72 % | 68 % | 87 % | ~65 % | ~70 % |
| Audio natif | Limité | Oui (5 langues) | Oui (spatial) | Partiel | Non |
| Lip-sync | Act-Two (tiers) | Natif | Natif | Pikaformance | Non |
| Résolution max | 4K | 4K 60fps | 4K | 1080p | 1080p (HDR) |
| Durée max clip | 10 s | 15 s | 60 s | 10 s | ~10 s |
| Multi-shot natif | Partiel | Jusqu'à 6 scènes | Oui | Non | Non |
| Cohérence personnage | Meilleure du marché | Très bonne | Bonne | Moyenne | Correcte |
| Contrôle caméra | Motion brush + presets | Presets avancés | Via prompt | Basique | Presets |
| Mode brouillon | Non | Oui (5-20×) | Non | Non | Oui (signature) |
| Image-to-video | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| API disponible | Oui | Oui | Oui (Vertex AI) | Oui | Oui |
| Usage commercial | Dès Standard | Dès Standard | Dès Pro | Dès Standard | Dès Plus |
| Crédits reportables | Non | Partiel (annuel) | Pay-as-you-go | Non | Non |
Quelques constats frappants. Veo domine sur l'adhérence au prompt — un écart de 15 à 19 points avec Runway et Kling. Pour les prompts complexes (multi-sujets, dialogue, mouvements de caméra spécifiques), c'est le seul qui suit les instructions de façon fiable. En revanche, Runway garde l'avantage sur la cohérence de personnage et le contrôle créatif fin, deux critères déterminants pour le branding.
Production vidéo traditionnelle vs vidéo IA : les chiffres qui tranchent
L'argument économique de la vidéo IA est massif, et les données 2026 le confirment à une échelle qui rend le débat presque caduc.
Selon une compilation de statistiques sectorielles, le coût moyen de production d'une vidéo marketing de 60 secondes est passé de 4 500 $ (production classique) à environ 400 $ avec des outils IA — une baisse de 91 %. Le temps de production médian : de 13 jours à 27 minutes.
Un cas concret illustre l'ampleur du basculement. Quand la plateforme de paris Kalshi a eu besoin d'une publicité pour les finales NBA en juin 2025, elle a engagé un cinéaste solo qui a produit un spot broadcast-quality en deux jours avec Google Veo 3, pour 2 000 $. Le devis d'une agence traditionnelle : plus de 200 000 $ et 6 à 8 semaines de délai.
Les chiffres d'adoption suivent : 78 % des équipes marketing intègrent désormais la vidéo IA dans leurs campagnes trimestrielles. Les agences qui ont adopté ces outils produisent en moyenne 11 fois plus de contenu vidéo par mois sans élargir leurs effectifs. Et 59 % des consommateurs ne distinguent plus un contenu IA d'un contenu filmé — un seuil psychologique franchi.
Pour les PME françaises, le contexte est plus nuancé. Bpifrance note que les générateurs vidéo IA « démocratisent la production de contenu pour toutes les tailles d'organisations », mais que l'adoption reste freinée par le manque de compétences en prompting et par la question des droits d'exploitation des images générées. Seules 26 % des PME et ETI françaises ont adopté l'IA sous quelque forme que ce soit, selon les dernières données disponibles.
Quel générateur vidéo IA pour quel usage en PME
Cinq outils, cinq positionnements. Voici la matrice de décision en fonction de quatre profils d'usage courants en PME.
Publicités sociales et contenu de marque récurrent
Choix : Runway Gen-4. La cohérence de personnage est indispensable quand vous construisez une identité visuelle. Un personnage de marque qui change de visage d'un clip à l'autre tue la crédibilité. Runway est le seul à maintenir cette cohérence de façon fiable. Budget mensuel : 35-95 $/mois selon le volume.
Volume de contenu à budget serré
Choix : Kling 3.0. À 0,07 $/seconde, c'est le meilleur ratio qualité/prix du marché. Le multi-shot natif (6 scènes) permet de produire des séquences narratives sans montage. L'audio intégré en cinq langues est un bonus pour les marques qui ciblent plusieurs marchés. Budget mensuel : 7-26 $/mois.
Vidéos explicatives avec dialogue et voix off
Choix : Google Veo 3.1. L'audio spatial natif — dialogue, effets sonores, ambiance — élimine l'étape de post-production sonore qui ajoutait 30 à 50 % au coût total d'un projet vidéo. L'adhérence au prompt à 87 % réduit aussi le nombre d'itérations nécessaires. Attention au pricing : n'utilisez le mode Full (avec audio) que pour les clips finaux, pas pour l'exploration. Budget mensuel : 20-100 $/mois selon l'usage API.
Stories, Reels et contenus viraux
Choix : Pika 2.5. Les Pikaffects sont taillés pour le scroll. Un produit qui explose, fond, lévite — ce sont des hooks visuels que les autres plateformes ne proposent pas nativement. Le format 9:16 est natif. Le plan gratuit (80 crédits/mois en 480p) suffit pour tester. Budget mensuel : 0-35 $/mois.
Le piège des crédits : ce que les grilles tarifaires ne disent pas
Derrière les abonnements affichés se cachent trois mécanismes qui gonflent la facture réelle.
Les générations ratées consomment des crédits. Un prompt mal formulé, un clip inutilisable, un artefact visuel — les crédits sont débités quand même. Sur Kling et Pika, les générations échouées consomment des crédits. C'est l'argument principal pour les modes brouillon de Kling et Luma : itérer en basse résolution avant de payer le prix fort.
La résolution multiplie le coût. Chez Kling, un clip 1080p coûte 80 crédits contre 25 pour du 768p — un facteur 3,2×. Chez Veo, l'audio fait passer le prix de 0,05 $ à 0,40 $/seconde. La tentation du « rendu final en 4K » peut doubler ou tripler la facture mensuelle.
Les plans annuels piègent. Runway offre 20 % de réduction sur l'engagement annuel (12 $/mois au lieu de 15 $ sur le Standard). Mais si vos besoins changent — et ils changeront, dans un marché qui évolue tous les trimestres —, vous êtes verrouillé. Kling et Veo proposent du pay-as-you-go via API, plus flexible même si le coût unitaire est légèrement plus élevé.
Seedance 2.0 et Hailuo : les outsiders à surveiller
Deux plateformes méritent une mention, même si elles ne rivalisent pas encore avec le top 5 en termes d'écosystème.
Seedance 2.0 (ByteDance) génère de la vidéo et de l'audio natifs dans le même pass, avec du 2K et du multi-shot depuis un prompt unique. Le modèle est impressionnant techniquement, mais l'accès passe par Dreamina (la plateforme grand public de ByteDance) ou par l'API BytePlus. Le pricing API tourne autour de 0,10 $/seconde en Standard, avec un mode Fast à 0,022 $/seconde — le moins cher du marché en coût brut. La question : êtes-vous à l'aise avec un hébergement des données chez ByteDance ?
Hailuo (Minimax), autre acteur chinois, propose un plan gratuit généreux (3-5 vidéos/jour). Mais le système de crédits punit l'expérimentation : 80 crédits par clip 1080p, et les générations ratées sont facturées. Le plan Pro à 24,99 $/mois donne accès à des clips de 10 secondes, contre 6 secondes sur les plans inférieurs. Le rapport qualité-prix est inférieur à Kling sur tous les critères testés.
Notre verdict : le podium vidéo IA pour les PME en mai 2026
Aucun outil ne gagne sur tous les fronts. Les agences qui obtiennent les meilleurs résultats en 2026 ne sont pas mono-plateforme — elles combinent Runway pour le contenu premium, Kling pour le volume, et Pika pour l'expérimentation sociale. L'accès API de toutes les plateformes rend cette approche multi-outils techniquement viable.
Si vous ne devez en choisir qu'un :
- Runway Gen-4 si vous avez un personnage de marque, besoin de cohérence visuelle entre les clips, et un budget marketing structuré. C'est le plus cher, mais c'est le seul qui se comporte comme un outil de production professionnel complet.
- Kling 3.0 si votre priorité est le volume à prix maîtrisé, avec audio intégré. Le mode brouillon et le multi-shot en font le meilleur rapport qualité/prix du marché. Seul bémol : le lip-sync français n'est pas encore disponible.
- Google Veo 3.1 si l'audio natif est critique pour votre contenu (vidéos explicatives, démos produit avec dialogue, formations). Et si la stabilité de la plateforme est un critère — Google ne va pas fermer Veo demain matin.
Pika reste un choix pertinent pour les créateurs de contenu social qui vivent de la viralité. Luma, pour les directeurs artistiques qui itèrent beaucoup avant de produire. Ce ne sont pas des défauts — ce sont des spécialisations.
Le vrai risque, à ce stade, n'est pas de choisir le mauvais outil. C'est de s'enfermer dans un seul. Le marché vidéo IA est en train de se structurer, pas de se stabiliser. Les prix baissent de 30 à 50 % chaque semestre. Les modèles changent tous les trimestres. La flexibilité — pouvoir basculer d'un outil à l'autre quand les rapports de force bougent — vaut plus qu'une réduction de 20 % sur un engagement annuel.
Les questions qu'on continue de se poser sur la vidéo IA
Trois sujets restent ouverts, et honnêtement, personne n'a de réponse tranchée aujourd'hui.
Le copyright. Aucun des cinq outils n'offre de garantie juridique solide sur les contenus générés. Runway propose une indemnisation pour les clients Enterprise. Google renvoie vers ses conditions Vertex AI. Kling, Pika et Luma ne prennent aucun engagement. Pour une PME qui diffuse du contenu commercial, le flou juridique reste un risque non quantifié.
La détection. 59 % des consommateurs ne distinguent plus l'IA du réel. Mais les plateformes (Meta, YouTube, TikTok) imposent de plus en plus le marquage des contenus IA. En Europe, le AI Act va rendre cette transparence obligatoire pour les contenus diffusés commercialement. La question n'est pas « peut-on tromper ? » mais « doit-on signaler ? » — et la réponse est de plus en plus oui.
La convergence des prix. À 0,05-0,15 $/seconde aujourd'hui, les prix convergent vers un plancher. Veo Lite à 0,05 $ pousse tout le monde vers le bas. Kling à 0,07 $ laisse peu de marge. Si les prix continuent de baisser au rythme actuel, le générateur vidéo IA deviendra une commodité d'ici 12-18 mois — et le critère de choix basculera entièrement vers l'écosystème, les intégrations et le workflow.